Vocation
La ligne de crête de l’artiste chrétien — méditation sur les noces de Cana
Au studio, un mardi matin
Une stagiaire — je l’appellerai Camille — est devant une plaque de collodion humide qu’elle vient de couler. Elle a versé l’éther et l’iodure de potassium sur le verre, basculé délicatement la plaque pour répartir le mélange, attendu quinze secondes, et plongé la plaque dans le bain d’argent. Tout ce qui doit être fait, elle l’a bien fait. Mais elle est mécontente. Elle a une idée précise de ce qu’elle veut obtenir, et le procédé refuse de lui obéir.
« Pourquoi ça ne marche pas ? » me demande-t-elle, presque agacée.
Je regarde sa plaque, et je vois ce qu’il s’est passé. Elle a voulu trop fort. Elle a essayé de tordre la chimie pour qu’elle dise ce qu’elle, Camille, avait décidé. Et la chimie, qui n’est pas méchante mais n’est pas non plus négociable, a répondu en montrant ses dents : voiles, taches, contrastes faux, image floue.
Je lui réponds doucement : « Tu n’as pas écouté la plaque. Tu as voulu la faire. Or au collodion, on ne fait pas. On co-fait. On verse, on bascule, on plonge, on attend, on découvre. Le procédé a aussi son mot à dire. »
Camille m’a regardée comme si je venais de proférer une absurdité. Sur le moment, je me suis dit que j’avais peut-être été trop allusive. Mais cette phrase, en y repensant le soir, m’a paru résumer non seulement la pratique du collodion, mais quelque chose de bien plus large : la posture spirituelle même de l’artiste chrétien.
Cette posture, je voudrais la nommer aujourd’hui. Parce que c’est, je crois, le sujet le plus délicat — et le moins enseigné — de toute formation artistique chrétienne.
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La parabole secrète des serviteurs de Cana
Pour comprendre la posture juste, il faut, à mon avis, retourner relire un texte court. Onze versets dans saint Jean, le chapitre 2 : les noces de Cana. Tout le monde connaît l’histoire — l’eau changée en vin, la mère de Jésus qui intercède, le maître du repas qui s’extasie. Ce qu’on lit moins souvent, c’est le rôle des serviteurs. Or c’est précisément à cette place-là que se tient l’artiste chrétien.
Reprenons le récit. Au cours d’un repas de noces, le vin manque. Marie le signale à Jésus. La réponse de Jésus est sèche — « femme, qu’y a-t-il entre toi et moi ? » — mais Marie comprend mieux que nous ce qui se joue. Elle se tourne alors vers les serviteurs, et leur dit cette phrase qui est, à elle seule, un programme :
« Faites tout ce qu’il vous dira. »
Marie, à Cana (Jn 2, 5)
Notez bien ce qu’elle ne dit pas. Elle ne dit pas : « Voici la solution technique : prenez l’eau de la jarre numéro 3, mettez-y une pincée de mon ingrédient secret, présentez-la au maître. » Elle n’a aucun savoir-faire à transmettre, parce qu’aucun savoir-faire humain ne peut faire ce qui va se passer. Elle se contente d’indiquer une autorité. Elle dit en substance : il y a quelqu’un d’autre que moi qui sait, et c’est lui que vous devez écouter.
Les serviteurs obéissent. Jésus leur donne deux instructions très simples — « Remplissez d’eau ces jarres » puis « Puisez maintenant et portez au maître » — et ils s’exécutent. Ils remplissent les six jarres de pierre, jusqu’au bord, environ six cents litres d’eau ordinaire. Ensuite ils puisent et portent. C’est tout ce qu’ils font. Mais notez : ils le font intégralement. Ils ne s’arrêtent pas à mi-chemin. Ils ne disent pas : « C’est absurde, c’est de l’eau, ce n’est pas du vin. » Ils versent à ras bord et ils portent.
Et c’est entre les deux gestes — entre le remplissage et le service — que le miracle se passe. On ne le voit pas. Personne ne le voit. Le texte ne décrit pas Jésus en train de bénir l’eau ou de tracer un signe au-dessus des jarres. Il y a un silence narratif. L’évangéliste ne raconte pas la transformation, parce que la transformation, justement, n’est pas du fait des hommes.
Et puis vient le verset que je voudrais qu’on retienne : « Le maître du repas ne savait pas d’où venait ce vin, mais les serviteurs le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau » (Jn 2, 9). Les serviteurs savent. Le maître du repas, lui, ne sait pas. Or ce sont les serviteurs qui n’ont rien fait de miraculeux. Comment savent-ils, alors ? Ils savent parce qu’ils ont obéi. Ils savent parce qu’ils ont fait leur part — toute leur part, et seulement leur part — et qu’ils ont donc reconnu, en regardant le résultat, que ce qui en sortait dépassait leur compétence.
L’artiste chrétien, à mon sens, est exactement à cette place-là. Il puise l’eau. Il remplit les jarres. Il porte la coupe au maître du repas. Et — quand il a obéi sérieusement, c’est-à-dire quand il a tenu son métier jusqu’au bord, quand il a refusé la médiocrité technique, quand il s’est laissé instruire — il découvre parfois, en regardant son œuvre, qu’il en sort plus que ce qu’il y a mis. Il sait que c’est du vin. Il sait que ce n’est pas lui qui l’a fait.

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Le démiurge, ce nom presque oublié
À l’opposé de cette posture de serviteur, il y a une figure qui hante la modernité artistique sans toujours être nommée : le démiurge. Le mot mérite d’être repris.
En grec, dêmiourgos signifie tout simplement « artisan ». Platon, dans le Timée, utilise le mot pour désigner celui qui ordonne le monde matériel à partir d’une matière préexistante. Pour Platon, le démiurge n’est pas mauvais — c’est un organisateur. Mais à partir du IIe siècle après Jésus-Christ, certaines écoles dites gnostiques (Basilide, Marcion, Valentin) reprennent le mot et lui donnent un sens très différent. Pour les gnostiques, le démiurge est un usurpateur : une entité subalterne, vaniteuse, qui croit à tort être le Dieu suprême. Il a fabriqué le monde matériel — un monde imparfait, prison d’âmes — en s’imaginant en être l’origine. Il n’est pas le vrai créateur. Il se prend pour lui.
L’Église primitive a refusé fermement cette vision. Au IIe et IIIe siècles, sous l’impulsion de saint Justin et surtout de saint Irénée de Lyon, elle a fixé contre le gnosticisme la doctrine de la création ex nihilo : il n’y a qu’un seul Dieu, et il a créé toute chose à partir de rien. Pas de démiurge intermédiaire. Pas d’origine seconde.
Pourquoi cette histoire vieille de dix-huit siècles intéresse-t-elle l’artiste chrétien d’aujourd’hui ? Parce que la tentation du démiurge n’est pas morte avec le gnosticisme. Elle s’est, au contraire, glissée doucement dans la culture artistique moderne, où elle s’appelle aujourd’hui le génie romantique, l’artiste-créateur-du-vrai, l’auteur qui se met à la place de Dieu. La figure de Prométhée chez les Romantiques. Le « Übermensch » nietzschéen. L’artiste comme dieu de son propre univers, qui se signe en bas à droite et que l’on adore au musée.
Cette figure est séduisante. Elle valorise. Elle promet la liberté absolue : créer à partir de soi seul, sans dette à personne, sans tradition, sans matière à respecter, sans maître à recevoir. C’est elle qui parle quand on dit, devant une œuvre, « j’ai fait ça avec rien », ou « personne ne m’a appris ». C’est encore elle qui parle quand un photographe me dit : « Ma vision est ce qui compte ; le procédé, peu importe. » C’est elle, enfin, qui hurle dans certaines ambitions de l’art numérique contemporain — j’engendre des mondes ex nihilo, sans matière, sans contrainte, sans maître.
Le problème n’est pas que cette figure soit immorale. Le problème est qu’elle est fausse. Aucun être humain ne crée à partir de rien. Tout artiste reçoit avant d’agir : il reçoit une langue, un héritage, une formation, une matière, un corps, un regard. Prétendre l’inverse n’est pas seulement orgueilleux — c’est inexact.
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Tolkien et le « sub-créateur »
Pour nommer la posture juste, il faut aller chercher un terme inattendu chez un Anglais catholique amoureux des contes : J. R. R. Tolkien. Dans son essai fondateur On Fairy-Stories, prononcé en conférence à St Andrews en 1939 puis publié en 1947, Tolkien forge le mot sub-creator — qu’on a traduit en français par sous-créateur, ou plus joliment co-créateur.
Pour Tolkien, qui était un fervent catholique en plus d’être philologue, l’écrivain de contes ne crée pas un monde primaire — celui-ci existe déjà, fait par Dieu — mais des mondes secondaires, cohérents, habitables, vrais à leur manière. Il dit cette phrase qu’il faut méditer doucement :
« we make in our measure and in our derivative mode, because we are made »
J. R. R. Tolkien, On Fairy-Stories, 1939
Que je traduirai librement : nous fabriquons à notre mesure et selon notre mode dérivé, parce que nous-mêmes avons été fabriqués. La phrase concentre, en quinze mots, toute une anthropologie. Nous créons. Mais nous créons selon une mesure qui n’est pas la nôtre, et selon un mode qui est dérivé — c’est-à-dire qui dépend d’un original. Et cela, parce que nous-mêmes ne sommes pas l’origine de nous-mêmes. Nous sommes faits avant d’avoir fait quoi que ce soit.
Cette idée n’est pas une invention de Tolkien. Elle est aussi vieille que la doctrine chrétienne de l’imago Dei — l’homme créé à l’image de Dieu, selon la Genèse. Si je crée, c’est parce que je suis fait à l’image d’un Créateur, et donc capable d’une activité créatrice — mais à mon échelle, pas à la sienne. Le Créateur fait l’être à partir du néant. Moi, je fais des œuvres à partir de l’être qu’il m’a donné. La distinction est fondamentale.
Tolkien va plus loin. Pour lui, la sub-création est, pour le chrétien, une forme de culte — une manière, par l’imagination ordonnée et le travail du métier, de glorifier le Créateur. L’écrivain qui forge un monde secondaire ne se substitue pas à Dieu : il témoigne du fait qu’il a été créé à l’image du Créateur. C’est ce que ferait, selon lui, tout vrai artiste qui n’est pas tombé dans la prétention démiurgique.
Je crois que cette intuition s’applique mot pour mot à la photographe que je suis, à l’écrivain que je suis devenue, à la formatrice que je deviens. Je ne crée pas le monde. Je ne crée pas la lumière qui frappe la plaque, ni les visages qui s’y impriment, ni la chimie qui réagit. Je travaille avec tout cela. J’en fais quelque chose. Mais je ne le fais pas advenir.
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L’étincelle transmise
Jean-Paul II, qui avait une relation d’artiste avec l’art parce qu’il avait été lui-même poète et homme de théâtre dans sa jeunesse, est revenu sur cette même intuition au paragraphe 1 de sa Lettre aux artistes (1999) — celui-là même qui ouvre tout son propos. Il écrit que l’Artiste divin — Dieu — transmet à l’artiste humain quelque chose comme « une étincelle de sa sagesse transcendante », et qu’il l’appelle ainsi à partager sa puissance créatrice.
Le mot étincelle (en italien scintilla) est intéressant. Une étincelle, ce n’est pas un feu déjà allumé. Ce n’est pas non plus une simple allumette qu’on fournit. C’est un transfert d’énergie qui exige, ensuite, qu’on souffle sur elle, qu’on la nourrisse, qu’on l’entretienne. La chose donnée demande à être travaillée pour devenir flamme.
Voilà l’image juste de ce que reçoit l’artiste chrétien. Pas le pouvoir entier de créer ex nihilo, qui n’appartient qu’à Dieu. Pas non plus rien du tout, qui le réduirait à un simple copiste de la nature. Une étincelle. Une participation. Quelque chose comme un délégation provisoire — qui demande l’obéissance des serviteurs de Cana, et qui produira, parfois, à la sortie, quelque chose qui ressemblera à du vin.
Et alors, comment savoir, dans le concret de ma pratique, si je suis en train de souffler sur l’étincelle ou si je me prends pour le feu ? La question est moins théorique qu’elle n’en a l’air. Voici, à mon usage et au vôtre, le tableau que je m’impose.

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Suis-je en train de co-créer ou de démiurger ?
La ligne entre les deux postures est mince, et l’on glisse vite — moi la première. Voici quelques questions concrètes à se poser, dans l’atelier ou devant l’œuvre. À chaque fois, l’une des deux réponses signale une posture saine ; l’autre, un dérapage.
| LA QUESTION | LE SIGNE QUI ALERTE |
|---|---|
| Quand l’œuvre n’est pas à la hauteur de mon idée, je… | …force la matière à dire ce que j’ai décidé. (Démiurge.) Plutôt que : j’écoute ce que la matière refuse, et je révise. (Serviteur.) |
| Quand on me demande qui m’a formée, je… | …mentionne mes maîtres avec gêne, comme un poids. (Démiurge.) Plutôt que : avec gratitude, comme une dette féconde. (Serviteur.) |
| Quand l’œuvre dépasse mes intentions, je… | …me l’attribue malgré tout, comme du « génie inconscient ». (Démiurge.) Plutôt que : je reconnais que ça vient d’ailleurs et je rends grâce. (Serviteur.) |
| Quand l’œuvre rate, je… | …en veux à la matière, à la lumière, au modèle. (Démiurge.) Plutôt que : je m’examine, je reprends mon métier, j’attends. (Serviteur.) |
| Quand quelqu’un loue mon travail, je… | …intériorise la louange comme due. (Démiurge.) Plutôt que : je la reçois comme on reçoit un compliment fait à quelqu’un d’autre par mon entremise. (Serviteur.) |
| Quand je signe une œuvre, je… | …veux que ma signature en occupe l’espace. (Démiurge.) Plutôt que : je signe parce qu’il faut qu’on sache à qui s’adresser, sans plus. (Serviteur.) |
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Au studio, ce que cela change concrètement
Je termine par une remarque qui vient directement de mon métier, et qui rejoint le chapitre 7 de mon livre Créés pour Créer — le chapitre que j’intitule « le témoin fidèle ».
Le collodion humide, comme la plupart des procédés alternatifs que j’enseigne au Studio Ambrotype, est un maître de co-création. Il faut tout faire : préparer la chimie, couler la plaque, sensibiliser, exposer, développer, fixer. Mais à chacune de ces étapes, le procédé a aussi son mot à dire. La température change la sensibilité. La pureté de l’eau modifie le contraste. L’humidité de la pièce ralentit ou accélère les bains. Une plaque qui sort superbe le lundi sortira décevante le mercredi, dans des conditions presque identiques mais pas tout à fait.
Et donc, semaine après semaine, je suis ramenée à cette posture qui, longtemps, m’a paru frustrante, et qui me paraît aujourd’hui infiniment féconde : je ne fais pas la photo. Je co-fais la photo, avec une réalité qui me précède, qui me dépasse, et qui — si je l’écoute — me donne quelque chose de plus juste que ce que j’avais imaginé.
Cette posture est exactement ce que j’ai voulu mettre au cœur du chapitre 7 de Créés pour Créer : l’artiste chrétien comme témoin fidèle. Témoin fidèle, c’est-à-dire celui qui ne se met pas à la place du Témoin — le Christ, qui est le seul vrai Témoin de Dieu — mais qui transmet ce qu’il a reçu, avec son geste propre, sans le déformer. Le témoin fidèle n’est pas un démiurge qui invente le message. Il n’est pas non plus un automate qui répète sans comprendre. Il est un médiateur humble et exact.
Cette posture, en photographie alternative, donne ceci : la série Anastasis, que j’ai exposée à la Galerie UPP en 2025, n’est pas mon œuvre au sens démiurgique du terme. C’est ce qui est apparu quand j’ai obéi à un procédé du XIXe siècle, à des sujets que je n’ai pas choisis seule, à des lumières que je n’ai pas commandées. J’y suis présente, oui — comme la servante de Cana était présente, en versant l’eau. Mais l’image qui sort du fixateur, ce moment qu’on appelle joliment l’apparition, n’est pas mon fait. Et c’est précisément cela qui la rend utile. C’est précisément cela qui en fait une œuvre dont je peux espérer qu’elle parle d’un Autre, et non de moi.
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Pour les artistes en formation
Ce site, art-et-foi.fr, voudrait offrir aux artistes chrétiens en formation — ceux qui se cherchent, ceux qui hésitent, ceux qui sont déjà engagés mais doutent du sens de leur démarche — un peu de la matière théologique qui leur manque souvent. Cet article, plus que les précédents, est destiné à ce public-là, c’est-à-dire à toi, sans doute, qui me lis.
Si je devais résumer en une phrase ce qu’il faut tenir pour ne pas glisser, ce serait celle-ci : marche sur la ligne de crête, mais ne crois pas que tu peux la marcher seul. La posture de co-créateur n’est pas spontanée. Elle s’apprend. Elle s’entretient. Elle se reprend chaque jour, parce que la pente du démiurge est plus facile, plus flatteuse, plus immédiate.
Pour ne pas glisser, trois aides concrètes me semblent décisives. D’abord, un maître. Personne n’apprend tout seul à puiser l’eau et à porter au maître du repas — il faut quelqu’un qui te montre, qui corrige ton geste, qui te dise quand tu commences à forcer. Ensuite, un métier exigeant. Le démiurge ne supporte pas les contraintes ; le co-créateur les aime, parce qu’elles sont ce qui le sauve de lui-même. Enfin, une vie de prière. Sans elle, tout cela reste une posture esthétique. Avec elle, cela devient ce que c’est vraiment : une forme particulière de sainteté offerte aux artistes.
Tu n’es pas l’origine de l’œuvre.
Tu es le serviteur qui a puisé l’eau.
Mais tu sais d’où vient le vin.
— Mélanie-Jane Frey
Studio Ambrotype, Belleville · art-et-foi.fr
Sources et références
• Évangile selon saint Jean, chapitre 2, versets 1 à 11 — récit des noces de Cana, premier signe de Jésus.
• J. R. R. Tolkien, « On Fairy-Stories », conférence Andrew Lang prononcée à St Andrews le 8 mars 1939, publiée pour la première fois dans Essays Presented to Charles Williams (1947), reprise dans Tree and Leaf (1964). Traduction française : « Du conte de fées », dans Faërie et autres textes, Pocket, 2003.
• J. R. R. Tolkien, lettre à Milton Waldman (1951), où il développe la théorie de la sub-création (lettre 131 dans The Letters of J. R. R. Tolkien, éd. Humphrey Carpenter).
• Jean-Paul II, Lettre aux artistes, 4 avril 1999, paragraphe 1 — sur l’étincelle de sagesse transcendante transmise à l’artiste humain. Texte intégral sur vatican.va.
• Sur la doctrine de la création ex nihilo et la réfutation patristique du démiurge gnostique : saint Justin de Naplouse (II_e siècle) ; saint Irénée de Lyon, Adversus Haereses (vers 180) ; concile de Latran IV (1215, profession de foi sur la création unique).
• Platon, Timée — sur le démiurge organisateur (sens classique grec, distinct du sens gnostique).
• Mélanie-Jane Frey, série Anastasis, exposition solo Galerie UPP, Paris, 2025. melaniejanefrey.com.
• Mélanie-Jane Frey, Créés pour Créer (à paraître, juin 2026), notamment chapitre 7 : « Le témoin fidèle ».
• Voir aussi sur ce site : « Non, la beauté n’est pas une opinion » (article fondateur sur le beau comme transcendantal) ; « Enfouir son talent : le piège silencieux de la fausse humilité chrétienne » ; « Le beau n’est pas un maquillage : retrouver le sens chrétien de la louange visible ».
Cet article prolonge une idée développée dans Créés pour créer.
